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ÉCRIT
SUR LES MURS NOMADES
L’idée de peindre des signes et des figures sur un support remonte à la
source de l’art.
À la Combe d’Arc ou à Lascaux, ce fut une opération
conséquente inaugurant l’histoire de la représentation. Ce
n’est pas rien de se séparer d’une figure mentale et de lui
prêter une vie propre. Après avoir chassé l’animal,
ne voilà t’il pas que l’homme chassait la figure animal hors
de son esprit, lui donnant une autonomie et un avenir sans précédent.
Thibaud Thiercelin continue cette aventure pariétale, dans la forme propre à notre époque,
c’est-à-dire d’un art mobilier.
Le support est devenu nomade.
Toutefois, sous l’apparence d’une figuration simple, presque naïve,
en tout cas métaphorique, Thibuad thiercelin avec beaucoup de malice,
de vérité et d’intuition, nous propose une réflexion
en abîme sur l’enfermement et l’émancipation.
Ce qui nous apparaît à première vue comme relevant de la
métaphore de l’image banale, laisse apparaître au fur et à mesure
des figures beaucoup plus complexes de notre mental. Du reste l’expression mur nomade est
un oxymoron au même titre qu’ illustre inconnu, ou
clair obscur.
Il fait défiler sous nos yeux tout un traité de figures, de la
litote à la synecdoque, de l’ellipse à la licence, diminuant
les figures, prenant leur partie pour le tout, les évoquant ou les libérant
des contraintes dans une mutation bouleversante où les formes s’engendrent
en permanence.
La métamorphose semble ininterrompue.
Ce qui était obscur à nos yeux se révèlent lumineux
alors souhaitons à cet inconnu qu’il devienne illustre après
avoir illustré notre inconnu.
Gérald Stehr
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